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2026
Dans l’art plastique d’aujourd’hui, l’installation qui se déplace et qui implique le public ne se contente plus d’occuper un espace : elle le redéfinit. Alors que les institutions ont longtemps préféré la stabilité du « cube blanc » de Brian O’Doherty (1986), des projets nomades comme EXPLO³ (créé par le collectif AAC – Ateliers d’Art Contemporain, dirigé par Anne Michelle Vrillet) (cite : 1.1.4, 1.2.3, 1.2.5) réinventent la relation entre l’enveloppe scénographique et la proposition plastique.
Libéré des murs fixes de la galerie, le contenant itinérant devient d’emblée un geste politique dans le réel. Il déplace le centre de gravité de l’expérience esthétique
:
La désacralisation du lieu d’art : En se déployant dans des contextes variés — friches industrielles, galeries associatives, espaces patrimoniaux ou étapes urbaines comme celles de Casablanca à l’Italie, puis de Paris à la région nantaise (cite : 1.1.4, 1.2.3, 1.2.5) —, le dispositif rompt avec le neutralisme de la boîte blanche (O’Doherty, 1986)1. L’espace d’accueil cesse d’être un écrin silencieux pour devenir un partenaire de jeu.
Le contenant comme matrice modulaire : L’architecture d’une installation itinérante doit être adaptative. La structure d’accrochage et de présentation ajuste sa forme à la topographie de chaque escale, modifiant le parcours du regard et la circulation des corps.
La sémiotique de l’émergence : Avant même d’exposer un contenu, la structure itinérante signale sa présence dans l’espace public. Elle crée une rupture poétique dans le quotidien, annonçant un événement temporaire et ouvert sur la ville.
La dimension collaborative d’EXPLO³ change la nature même de l’œuvre exposée. Le « contenu » n’est plus un ensemble fini de pièces isolées sous le regard distant du spectateur, mais une matière vivante, chorale et cumulative :
Sédimentation des mémoires : À chaque étape géographique, l’installation s’enrichit de nouvelles contributions plastiques et plastico‑poétiques (cite : 1.2.3). Les propositions accumulées lors des résidences ou des appels participatifs précédents deviennent le socle contextuel sur lequel s’agrègent les travaux des artistes locaux. Le contenu d’aujourd’hui porte physiquement l’empreinte de son itinérance d’hier.
L’œuvre‑archive et l’émancipation du regard : En multipliant les voix et les médiums (peinture, céramique, écriture, volumes modulaires) (cite : 1.2.3), le contenu pulvérise l’autorité d’un récit unique. On assiste ici à une concrétisation des théories de Jacques Rancière (Le Spectateur émancipé, 2008)2, où la distance entre l’artiste, l’œuvre et le regardeur disparaît au profit d’une traduction collective et permanente du sensible.
L’altération plastique du motif : En adoptant un format unique, comme le module cubique de 20 cm qui structure le projet EXPLO³ (cite : 1.2.3, 1.2.5), on obtient une multiplication des formes sans perdre le sens. Le contenu se transforme en un réseau de micros‑univers condensés, abordant à la fois l’intime et des questions contemporaines urgentes telles que la solastalgie ou l’altérité (cite : 1.1.4, 1.2.3).
C’est dans l’imbrication de ces deux notions que se trouve la vraie portée curatorial du projet. Dans EXPLO³, la frontière entre le support et l’œuvre disparaît au profit d’une hybridation globale :
Le conteneur physique (l’accumulation des structures, l’assemblage des modules) constitue l’installation elle‑même (cite : 1.1.4, 1.2.3). Chaque fragment apporté par un créateur devient une brique de l’ensemble (cite : 1.2.3). Le contenant n’est plus ce qui enferme l’art : il est l’art qui se construit.
Cette dynamique rejoint l’« esthétique relationnelle » de Nicolas Bourriaud (1998) : le dispositif ne propose pas un objet à contempler, mais crée un espace d’interactions humaines, de convivialité et de négociation poétique. L’itinérance empêche cet écosystème de se figer dans un dogme local ; il se nourrit du frottement permanent avec de nouveaux publics et de nouveaux territoires.
De plus, l’artiste abandonne la posture du créateur démiurge, comme le questionne Daniel Buren dès 1970 dans Fonction de l’atelier, pour devenir aménageur de conditions de possibilité. Le contenant devient un atelier ambulant et public, et le contenu, l’écho de cette rencontre.
Notes :
1 . O'Doherty, B. (1986). Inside the White Cube: The Ideology of the Gallery Space. Lapis Press.
2. Rancière, J. (2008). Le Spectateur Ă©mancipĂ©. Éditions La Fabrique.Â
3.Bourriaud, N. (1998). Esthétique relationnelle. Les presses du réel.
4.Buren, D. (1970). Fonction de l’atelier. Éditions Esprit.
2022-2025
                                        1.“EXPLO3 ” est une installation évolutive, itinérante, participation collaborative.
  2.Exploration du latin « exploratio » comme ausculter, investiguer
  3.Exploit ou Explosion – d’un accroissement spectaculaire.
Dans un moment particulier d’un retour à la vie après la période d’apnée provoquée par la pandémie mondiale de la covid, et à l’issue de l’installation démarrée à Casablanca (Maroc) à la Galerie Nadar, les partenaires de “Cubes” ont choisi d’accompagner Explo3 par-delà la méditerranée pour lui permettre de poursuivre sa croissance et son ancrage sur les chemins fondateurs de l’Europe : Le Chemin de Charlemagne en Italie, le Chemin de Compostelle en terre de Galice en Espagne  (Camino Frances). Actuellement, Explo3, collectif de collectifs d’artistes indépendants a entrepris un tour des régions de France. Après l’Ile de France, Explo3 s’établira en septembre à Nantes dans les Pays de la Loire et a pour projet de se donner à voir en Bourgogne Franche Comté en 2027.
Les artistes des collectifs (AAC France , Italie et Maroc : collectif d’artistes internationaux) Borgo degli artisti de Bienno (Italie), Pataka Santiago (Espagne), ADM Artistes de Ménilmontant (France), MDB (Montreuil France), regroupent des intervenants de 38 pays. Participent à l’installation 260 artistes (confirmés, émergents et jeunes artistes) en réaction à la globalisation de la pensée, à l’oubli, aux phénomènes de négations et de manipulation des masses, de l’Histoire, se mobilisent en tant qu’acteurs-spectateurs de l’évolution de l’œuvre collective.
UNE contrainte pour réinventer une histoire commune : UN cube de 20 x 20 x 20 centimètres.
Pourquoi un cube ? Parce qu’un cube possède 6 faces, six visages pour exprimer les six émotions fondamentales répertoriées par le psychologue américain Paul Eckmann.
 Nos émotions sont malmenées par les retraites sociales forcées liées au contexte sanitaire mondial et, mal identifiées au quotidien, brouillées par les changements passés, actuels ou attendus dans nos environnements au sens le plus large pour les sociétés humaines et pour nos démocraties.
 Les œuvres créées opèrent selon plusieurs modalités notamment par le détournement, la récupération ou l’utilisation de matériaux ou d’archives pré existants. Elles sont toutes porteuses de l’interrogation fondamentale de la possibilité ou non d’une communauté humaine capable de surmonter l’enjeu de sa survie, l’enjeu intime de la transformation sociale et politique.
Six faces comme la théorie des six degrés de séparation (1) de Frigyes Karinthy en 1929 et reprise par Stanley Milgram en 1967 (2), paradigme qui s’est rétréci par l’usage des réseaux sociaux.
EXPLO3 se présente comme un format ouvert qui s’inscrit dans un protocole de partage incluant des créations participatives notamment avec la jeunesse in situ quel que soit le territoire et l’idiome dominant.
La création du récit mis en commun se définit en réaction à l’effondrement annoncé de nos sociétés, à une amnésie de nos histoires, à un assujettissement par des principes féodaux et capitalistes ou des idéologies guerrières et à une extinction massive des espèces.
De ces récits se dégagent de nouveaux concepts comme la « solastalgie » défini par Martin Hirsch(3), qui contrairement à la notion de pays que l’on quitte s’ancre dans celle du pays qui nous quitte pour de multiples raisons mais principalement celle du chaos environnemental. Glenn Albrecht (4) défini la solastalgie comme un état d’âme … qui induit un ensemble d’émotions variées, allant de la colère à la tristesse, de la culpabilité au sentiment d’impuissance ou de dégoût, flirtant avec les registres de l’apathie ou au contraire d’un besoin d’action. Comme une réponse saine à l’évolution du monde, cette tendance est même vécue de manière adaptative. La douleur ressentie pourrait donner lieu à une forme de renaissance puisqu’elle conduit à faire le deuil d’une certaine vision du futur et pousse à réinventer nos imaginaires, nos aspirations, nos désirs et espérances. … l’horloge du désastre n’a pas encore sonnée. (5 )
-1 Théorie établie par le hongrois « Frigyes Karinthy qui évoque la possibilité que toute personne sur le globe peut être reliée à n’importe quelle autre, au travers d’une chaîne de relations individuelles comprenant aux plus cinq maillons.
-2 L’étude « du petit monde », connu sous le « paradoxe de Milgram ». 1967
-3« Les solastalgiques », stock,2023 4« Les émotions de la Terre », Les liens qui libèrent, 2020.
-4 Glenn Albrecht, philosophe spécialiste de l'environnement. Il s'intéresse à la relation entre l'écosystème et la santé humaine sur le plan à la fois théorique et appliquée.
-5« Solastalgie », Isabelle de Maison Rouge, curatrice indépendante ,2023
Ostende 44 (Vertou), Le Musée de l’Imprimerie (Nantes), MDB (Montreuil) La galerie Menil8 (Paris) France, La galerie BlackBox de la Corogne (Galice), la ville de Sarria (Galice) Espagne, la ville de Bienno (Lombardie), la ville et le conservatoire de Darfo Boario Terme (Lombardie), le Conservatoire de Darfo Boario la ville d’Iséo BS (Lombardie) Italie, l’association Locar Arte in Cammino (Lombardie) Italie, l’association Borgho degli artisti, la Fondaziona l’Arsenale (Brescia BS_ Lombardie) Italie, la Galerie Nadar Casablanca (Maroc).
 LES COLLECTIFS
AAC France, AAC Italy, AAC Maroc, Associazione Borgo degli Artisti, Pataka Santiago, ADM Artistes de Menilmontant, MDB Montreuil, La Luna (Nantes).
Anne-Michelle Vrillet- peintre installatrice – curatrice (présidente des AAC), Barbara Crimella – sculptrice installatrice, curatrice (AAC Italy-Directrice artistique Associazione Borgo degli Artisti), Zine El Abidine El Amine – plasticien (AAC Maroc), Marie SK - plasticienne (ADM), Daniela Gambolo (Associazione Borgho degli artisti) et les ateliers participatifs en Italie. Olivier Fremont – Sculpteur (facilitateur Nantes) .
Liste des artistes intervenants sur Explo3 (non exhaustive) https://www.aac-idf.com/2024/04/les-partenaires.html
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L’installation itinérante, à la Galerie Nadar (première galerie ouverte au Maghreb par Madame Laïla Farraoui) en collaboration avec Madame Assia Faraoui et l’artiste Zine El Abidine El Amine (2021), après trois monstrations en Italie (Bienno, Termo di Darfo et au Castello Oldo Fredi en Lombardie) sous l’égide de LOCAR et organisées par les artistes Barbara Crimella et Daniela Gambolo' (2022/2023) fut le point central de la 12ème Biennale de Sarria (Lugo) puis exposée à Galerie BlackBox (Galice) en Espagne (2023/2024), à Paris pendant les Jeux Olympiques Paris24 à la galerie Menil8 et l’hiver 24/25 à l’espace MDB à Montreuil .
A ce jour, participent à ce projet 260 artistes (confirmés, émergents et jeunes artistes) de 38 pays : Allemagne, Angleterre, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Benin, Bengladesh, Brésil, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Espagne, France, Grèce, Inde, Iran, Irlande, Italie, Japon, Liban, Maroc, Moldavie, Norvège, Pérou, Pologne, Russie, Suède, Suisse, Sultanat d’Oman, Thaïlande, Tunisie, Turquie, Uruguay et USA.